Rencontrer "les doigts du diable" et trembler

Dingue ce champignon à l'allure de calamar sanguinolent! Vu cet automne au Cousimbert (petit sommet fribourgeois de 1632 m d'altitude), sur le pâturage. Il s'agit d'un Anthurus d'Archer, surnommé "les doigts du diable". Observé pour la première fois en Suisse en 1942 et originaire d'Australie, il dégage une odeur très particulière - voire carrément nauséabonde - vraisemblablement très attirante pour les insectes.

Cette étrange espèce n’est pas de chez nous; exotique, elle est originaire de l’hémisphère sud. Mais comment ce spécimen est-il arrivé sous nos latitudes? L’Anthurus est apparu dans les Vosges en 1920. On raconte qu'il a été introduit avec des ballots de laines australiennes livrés aux filatures de Raon-l’Etape…. ou avec le fourrage des chevaux de soldats australiens pendant la Première Guerre mondiale. De là il s’est répandu en Allemagne, en France, en Suisse… Il existe un deuxième centre de dispersion, à Bordeaux, où il serait arrivé par l'entremise de ses spores, dissimulés dans les laines australiennes débarquées dans le port de "La belle endormie". Les "doigts du diable" ont désormais conquis toute l’Europe.

Ce champignon pousse surtout en automne, dans les pâturages alpestres, les prés, les forêts de feuillus et de conifères. Il est comestible, mais son odeur le rend impropre à la consommation. Au premier stade de son développement, Anthurus ressemble à un œuf biscornu, de couleur jaune rose, à la surface ridée et écailleuse. De son pied creux va ensuite jaillir une gerbe en étoile de 5 à 7 branches, reliées entre elles au départ, puis s'ouvrant à la manière d'une fleur.



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