Hamamélis, l’éclat flamboyant de février
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Alors que les jardins semblent encore figés dans la torpeur hivernale, l’hamamélis surgit comme une surprise. Ses fleurs fines et ébouriffées, semblables à de délicats rubans chiffonnés, s’accrochent aux branches nues et déploient des teintes allant du jaune soufre à l’orange cuivré, parfois jusqu’au rouge incandescent. Cette floraison précoce, presque irréelle dans la lumière froide de l’hiver, transforme l’arbuste en véritable brasier végétal.
Les variétés que l’on admire le plus souvent dans les jardins européens sont issues d’hybridations, notamment Hamamelis × intermedia, sélectionné pour l’intensité de ses couleurs et sa générosité florale. Mais derrière son attrait ornemental se cache une plante aux usages bien plus anciens.
Car l’hamamélis est aussi médicinal. L’espèce nord-américaine Hamamelis virginiana, connue sous le nom de “witch hazel” (noisetier des sorcières) est utilisée depuis des siècles par les peuples autochtones, ainsi qu’en phytothérapie occidentale. Ses feuilles et son écorce sont riches en tanins et flavonoïdes, des composés aux propriétés astringentes et anti-inflammatoires. En hydrolat ou en extrait, l’hamamélis est apprécié pour apaiser les irritations cutanées, calmer les rougeurs, soutenir la circulation veineuse ou soulager la sensation de jambes lourdes. Une plante d’hiver, certes, mais aussi une alliée des peaux sensibles.
À l’état sauvage, les différentes espèces d’hamamélis ne sont pas européennes. Elles poussent naturellement dans les forêts claires d’Amérique du Nord ou d’Asie de l’Est, en lisière de bois, sur des sols frais et légèrement acides. En Suisse, l’arbuste n’est pas indigène et ne colonise pas spontanément les paysages. On le rencontre presque exclusivement dans les jardins privés, les parcs botaniques ou les aménagements paysagers, où sa rusticité et sa capacité à fleurir en plein froid en font un choix précieux.
Ce qui frappe chez l’hamamélis, au-delà de ses vertus et de son esthétique, c’est son sens du timing. Alors que la plupart des plantes attendent les premiers redoux printaniers, lui choisit la lumière pâle de février pour s’exprimer. Il offre ainsi nectar et pollen aux premiers insectes actifs et rappelle, à qui sait l’observer, que le cycle de la nature ne connaît pas de véritable pause. Même au cœur de l’hiver, la vie s’embrase déjà.
Pour en savoir plus sur les propriétés médicinales de l'hamamelis: https://www.roggen.ch/post/hamamelis
